Ce qui me pèse le plus, c'est le poids de vos mots - CNAO Ce qui me pèse le plus, c'est le poids de vos mots - CNAO
Publié le 5 mars 2024 par Jean-Luc Gronner
Lecture 1 min.

Ce qui me pèse le plus, c'est le poids de vos mots - CNAO

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Phobie : « réaction irraisonnée d'angoisse et de répulsion, suscitée de façon persistante et injustifiée par un être vivant... ». Devant phobie vous pouvez mettre arachno, homo, judeo, islamo... ou grosso. Voici un très beau slogan contre la grossophobie.

Le gouvernement a « accusé Bakou d’envenimer la situation dans l’île », jeudi. Si le rôle du pays dans certaines campagnes de déstabilisation passées est incontestable, son implication dans les tensions actuelles reste toutefois sujette à caution.

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Il y a tellement de causes qui nous interpellent en ce moment.

Avec deux guerres, rien que ça, qui nous impactent, et leurs lots de victimes, de réfugiés, à aider. En plus de tous ceux qui, tout près de nous ou très loin, auront toujours besoin de notre solidarité.

À grands coups de campagne, notre compassion est d’ailleurs de plus en plus sollicitée au point que tout se banalise, que toutes les causes semblent se valoir, tellement la violence, l’injustice, la pauvreté s'installent dans notre vie collective.

Comme souvent, c'est le talent des publicitaires qui, pour les grandes causes comme pour les couches culottes, réussit à faire émerger un sujet ou une marque plutôt qu'une autre.

Trois affiches nous ont interpellés cette semaine*.

Qui nous parle ? Des gens que l’on croise parfois dans la rue. Plus rarement dans la communication publicitaire.

Ce sont les personnes souffrant d’obésité qui s’invitent à notre attention le temps d’une journée qui leur est précisément consacrée. 17% de la population française sont en situation d’obésité dite massive.

Ils ne nous demandent pas d’argent. Personne (l’État, une association...) ne parle non plus à leur place. Ils sont là devant nous, un peu écrasés par le claim de la campagne, ce qui en fait ressortir encore mieux le propos.

Comme le souligne la rédactrice de la campagne** : « On avait envie de leur donner la parole, de leur permettre de se montrer fièrement en faisant face. Car lorsqu’elles sont représentées dans la publicité, c’est toujours en s’excusant un peu d’être là. Ce ne sont pas des victimes, ce sont des hommes et des femmes avec des droits notamment celui de la dignité et qui le revendiquent. »

Or de quoi ces personnes souffrent le plus ? Pas de leur poids, comme on pourrait s’y attendre. Mais de celui de nos mots.

Ces mots auxquels ils sont confrontés dans leur vie quotidienne au travail, à l'école, sur les réseaux sociaux et qui les blessent. Exemple parmi d’autres qui a frappé les créatifs. L’une de ces personnes qui souhaitait passer un IRM, s’est vu répondre à l’hôpital : "vous feriez mieux de voir une clinique vétérinaire ! " Ce n’est pas une insulte. C’est encore plus violent. En tous cas ressenti comme tel.

En France 23 % des personnes en situation d’obésité et 41% des personnes en situation d’obésité massive sont victimes de discrimination.

Ce paradoxe est l’idée même de cette campagne. Il est traduit brillamment dans l’expression Ce qui me pèse le plus, c’est le poids de vos mots. L'emploi de la 1ère personne associé à cette révélation paradoxale donne toute sa force au témoignage.

Le claim peut se lire d’une seule traite ou en deux temps, le texte venant, au milieu, préciser la nature des tourments auxquels sont confrontés ceux qui souffrent de cette maladie.

Parmi les efforts multiples pour améliorer le vivre ensemble, voilà une campagne modeste par le budget, juste par le ton et ambitieuse par l'objectif : "interroger notre responsabilité collective et inciter à un changement de comportement"***.

Le poids des mots ne sera donc plus le seul apanage de Paris Match ; l’expression résonnera également comme une invitation à être attentifs dans nos échanges avec certains de nos concitoyens.

La grossophobie vient de perdre des points.

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  • Agence BETC pour le CNAO (Collectif National des Associations d'Obèses)
  • Marianne Desgrandchamps, conceptrice-rédactrice et sa complice Cassandre Siebert, DA
  • Comme l'indique Mercedes Erra, Fondatrice et présidente de BETC qui ajoute que ce travail, réalisé en pro bono, s'inscrit dans un engagement profond (le sien et celui de son agence) pour la lutte contre les discriminations.

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Commenté par AuteurLe 7 mars 2024 10:53
1 Pompier. Agence : Latinworks, Austin, Texas USA. 2015 2. Sucettes. Agence : YR Sao Paulo, Brésil. 2015 3 Lincoln. Agence : Area 23, USA 2016

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